• L'INFINI : dernière mise à jour. [Partie II ]



    XIII. La source.

    3

    A l'instant où je t'ai quitté, j'ai tellement souffert de notre séparation,
    que mes souvenirs futurs essaient encore à ma place, de faire le chemin du retour de toi à moi. De la mort à la vie.

    Mais la source s'est tarie.

    Et ils se surprennent pris de convulsions, dauphins à l'agonie dans ton lit asséché. J'ai peur que de ce charnier ai coulé un autre sang, une autre vie, qui se soit substituée à celle que l'on connaît. L'eau de la vie. Eau du néant. Ils sont devenus des spectres aveuglés et continuent leur chemin dans la source infini du néant.

    J'aimerais ne pas être celui qui erre le long des rives. Désolé d'avoir dans sa folie, emporté l'illusion de la vie.
    Ici les arbres sont racornis et tremblent dès qu'on éloigne d'eux le regard.
    Je sens leurs racines qui accompagnent mes pas, comme une ombre suit la vie, dans chaque univers.

    2

    Je me suis perdu trop longtemps. Et cet univers où j'existais, n'est plus habité.
    La grotte où je t'avais rencontrée a perdu son éclat et par la même, toute sa végétation.
    Je n'ose pénétrer au-delà de l'entrée.

    La porte s'est effondrée rongée par le temps.
    La maison où notre enfant est né n'a plus de toit et ses murs sont effondrés.
    Seules quelques pierres témoignent que cette ruine fut autrefois notre demeure.
    Elles ont l'éclat gris de la magie passée. Cet univers d'où la vie s'est retirée.
    Je me suis perdu trop longtemps, et quand je suis revenu, le temps avait tout dévoré.
    La source s'est tarie. Je n'arrive même plus à me souvenir de toi.
    Je ne sais pas pourquoi je suis rentré. Etrange pèlerinage, au pays maudit.
    Je voulais aller explorer d'autres lieux, d'autres vies.
    Mais pour moi, il n'y a qu'ici. Je suis là où reposent toutes les voies et qu'aucune ne vaut d'être prise en soi.

    1

    L'infini s'est fané.

    Je n'arrive plus à penser de façon ordonnée et linéaire.
    Le végétal tisse la trame des possibles.
    Je suis ici. Là où repose toutes les voies et qu'aucune ne vaut d'être prise en soi.



    21 possibles

    20 0, 300 mètres plus loin.
    Juste après un virage.
    Il y a une carcasse de voiture carbonisée au milieu de la route et sa portière que le vent fait claquer.

    Claquer.

    Claquer.

    21

    Elle me dit (qu'il est bizarre) qu'il est une cavale.
    Je lui répond que quand je croise des personnages comme lui, je les considère comme des êtres de magie, des mojos.
    Car leur rencontre provoque immanquablement des évènements irrationnels.

    (22)19

    Je n'ai pas essayer plus d'ouvrir la portière, de m'éjecter de la trajectoire folle qui nous mène au brasier,
    car quand on s'échappe, on fini par être dans tellement d'univers,
    qu'on se confond avec la constante vie.

    18 Cette énergie qui anime les corps et rêve les décors du théâtre organique.

    17 Toutes les réponses finissent par venir quand on ne pose aucune question.

    16

    Je me suis penché sur les pages détrempées par l'eau de mes larmes.

    J'ai trop bien compris l'histoire de ma vie,
    ou son illusion.

    Dans cette nouvelle quand les personnages ont voulu raconter leur vie, ils ont raconté ma vie.

    Comme de l'essence sur un miroir.
    Je me souviens comme j'aurais voulu oublié.
    Mais la plaie doit restée béante, car désormais mon corps exsangue n'a que cet asile pour ma vie.

    272826

    Huumuiuionnn......

    282627 +ça va ?

    Salvia me regardait.

    +262728 J'ai l'impression qu'il ne s'est rien passé.
    Pourtant j'ai l'impression que ce rien pourrait tout contenir.

    +29Et toi tu as vu quoi ?

    - Comme de l'essence sur un miroir.
    + Vas y je parle sérieusement.

    -J'ai l'impression...
    Aie ! : Tu fais mal.
    -J'ai vécu tous les possibles et il y en avait un qui avait un parfum à nul autre pareil.

    -C'est celui que je suis.

    Dorénavant j'ai conscience et je ne cesse de voyager d'un univers à un autre.
    En disparaissant de la sorte, c'est comme si l'abîme était né du cœur d'un miroir,
    qui se renvoyait à jamais sa propre image.
    Je ne suis plus un Echo. Mais le miroir. Pan.
    Et cela est, sera et a toujours été.

    P9 l'homme noir parle.

    31 L'homme noir pivote face à nous.
    Il porte ses mains à sa tête en tremblant.

    La voiture ne bouge plus.

    Des éclats de lumière traversent la pluie pour venir la percuter.

    Il a sa bouche qui crie :

    « Les temps qui courent.
    Argent roi. Médecine reine.
    La télé est ma femme.

    Horreur. Horreur.

    Il y a eu des morts.
    Il y en aura encore.

    On ne se libère pas d'une dictature avec des mots.
    Ce qui est dur,
    - c'est qu'il y ait des gens qui croient que les chiens du pouvoir, sont autre chose que ce qu'ils sont.
    - c'est qu'il y ait tant de gens qui se résignent à la dictature voir la défende.

    Quand une élite ne joue plus le jeu des sondages, elle risque fort de se donner les moyens de juguler le peuple. »


    P10 La chasse au déviant.

    30

    Et tout s'est effondré.

    Je ne croyais pas qu'elle existait.
    Pourtant quand elle est disparue. J'ai senti son absence.

    Elle n'était plus vraiment là.

    Et tout s'est effondré.

    L'horreur a envahie le quotidien.

    La chasse aux déviants
    se fait au vu et au su de tous.

    Ceux qui dénoncent sont sûrs d'être tranquilles.
    Du coup, c'est rapidement devenu le sport national.
    Sachant que chacun est fiché. Cela se traduit par des points « citoyens ».
    A les entendre, ce dispositif n'aggraverait pas l'inégalité sociale, il s'agirait même d'un progrès, car tout le monde dispose du même quota de point à la naissance.
    On en perd un certains nombre de ces points, lorsqu'on conteste une décision gouvernementale.
    A part le fait que c'était plus politiquement correct que de faire une échelle avec des points de déviance,
    cela revient au même.
    Si l'on veut essayer de regagner des points « citoyens », il faut aller travailler dans un « Centre de Reformatage Dans l'Intérêt Général. » C'est possible qu'eux appellent ça plutôt : STage de Formation dans l'Intérêt Général. Où quelque chose dans ce genre...
    Les gens y sont surexploités et regagnent peu à peu, mais difficilement les points « citoyens ». Même si il est possible d'en racheter en faisant des dons importants, seule une minorité peu se le permettre.

    Pourquoi es ce si important de ne pas perdre ses points citoyens ?

    Parce que pour accéder à un travail, il faut avoir suffisamment de points « citoyens ».
    De même que pour pouvoir exprimer ses opinions publiquement. (s'exprimer publiquement.)
    ...
    Bref, les déviants n'ont aucun droit.

    Si ce n'est celui d'être plus ou moins esclave dans les C.R.D.I.G


    Autre échelle de mesure de la carte d'identité 2007 :

    Au cours du second semestre le dispositif est renforcé.
    Les points consommations donnent droit à autant de points citoyens.

    Il faudrait croire que ce n'est pas une façon peu discrète de privilégier les élites. (fortunées).


    P11Politique 2007)
    29

    De toute façon, si je n'étais pas parti maintenant, que serait il resté de moi ?
    Ils m'auraient enfermé, dans un H.P. parce que je ne suis pas leur rationalité, leurs pensées étriquées, parce que j'ose rêver.

    Il m'aurait enfermé dans un mitard, parce qu'un petit fasciste de la S.N.C.F veut m'écraser de son autoritarisme, et que je ne me laisse pas faire.

    Il m'aurait tué par accident un énervé du volant un de ses intolérants qui se foutent bien d'écraser chien ou enfant, car il n'y a qu'eux qui comptent.
    Moi qui voulait mourir en déconnant sur une montagne, en yougoslavie, sous acide, naturellement, a discuter philosophie avec les loups.

    Mourir de joie de n'avoir pas de place, d'étouffer sur ce monde charogne.
    Gangrené par quelque chose qui n'a rien d'humain. Vermines qui prônent le profit (par l'exploitation de l'homme par l'homme) la surconsommation (exponentiel) le culte du conformisme (bariolé) le culte de l'Ego (l'égoïsme et de l'égocentrisme), ces ambitions démesurées de la race dominante. Ambition, performance, absolu perfection. Et autres folies chaque jour plus extrêmes. Quel est l'absolu de l'exploitation de l'homme par l'homme, l'oppression dans l'horreur, pour des châteaux en Espagne, richesses illusoires. Sous forme numéraire.

    Un pays tout entier qui adule le totalitarisme.


    IV. L'accession au pouvoir suprême.

    Nous sommes en 2007.
    Sky Roza vient de passer président, soutenu par une extrême droite comblée. La gauche a été pulvérisée.

    Résultat : un premier tour où Sky Roza est au coude à coude avec Evil Pine.

    Nausée, mon cœur balance.

    Pas besoin d'attendre le résultat du second tour pour savoir que ma vie ici est compromise.
    Effectivement, deux semaines après son élection, alors que les média consacrent son règne,
    Sky Roza met en place un important dispositif répressif visant à interdire toute action dite politique non déclarée...

    C'est pas grave, ce n'est qu'un très médiatique porc qui prend le pouvoir.

    Dès lors les gens comme moi sont des persona non grata.


    Les premières semaines les dispositifs de la paranoïa se développent rapidement.

    Au point que chaque occasion est mise à profit pour fragiliser les dissidents.
    Faits et gestes surveillés, intimidation sourde, coïncidences de plus en plus fréquentes, probablement artificielles, juste pour rendre fou les éveillés. A peine, un mois est passé, les mesures disciplinaires ont chassé la vie.
    Les déviants qui ne sont pas séquestrés dans des mitards, s'exilent. Pour combien de temps ?
    Je prend avec moi Aramcheck 17, mon vieux portable déglingué avec dans son disque mes souvenirs.
    En espérant que dans l'univers où j'échouerai il y aura de quoi l'alimenter.
    J'aurais mieux fait sans doute de continuer d'écrire sur mes calepins, l'histoire romancé de ma vie ou de son illusion.
    Cette histoire, qui comme une plante se développe sans raison, comme si elle puisait son énergie de ma vie
    et allait entraîner ma mort très prochaine. Heureux hasard, délivrance très prochaine.
    De lui où de moi, je ne sais plus qui est le heureux héros.
    Lui dans son histoire, rien ne le force à partir, il n'y a pas l'irrésistible ascension du totalitarisme qui vient le dévorer jusque dans les sphères du rêve. Je passe sous une fenêtre, des filles à peines pubères rigolent et m'appellent : « ...comme il est drôle ! On en mangerait... Vient nous voir, on s'ennuie. »
    Et tout autour les objectifs qui attendent le faux pas.
    Des conformistes à la con qui n'arrêtent pas de me provoquer.
    Des pourriels de cul s'accumulent dans ma boîte mail.
    De temps à autres des paquets de Marijuana, des cachets d'Ecstasy,
    les trottoir sont les nouveaux dealers automatiques et à but non lucratif des rêveurs révolutionnaires.

    Bascule un peu, que l'on te fasse tomber...

    Je n'ose plus boire l'eau :
    un réparateur qui savait pas déchirer les bons de service est passé et depuis mes plantes sont crevées. L'avenir...
    Il s'est volatilisé, si tant bien même, un jour, il a existé, aujourd'hui, il n'y a plus rien,
    qu'un peu d'eau que je glisse dans ma poche.


    V. Qu'est ce que l'antihamitisme ?

    Dans une société qui prône le consumérisme et le conformisme,
    l'antihamitisme est généralement la forme de discrimination la plus répandue.

    Ham est un archétype de l'homme libre.

    Celui qui s'oppose à la sainte trinité : travail, famille, patrie.
    (Le système consumériste de la famille atomique.)

    Ham est un déviant.

    A force de mettre en avant la persécution du peuple juif,
    on risque d'occulter qu'il y a au delà des peuples le génocide de la déviance.

    Les étincelles de vie laissent place à l'universelle mort.

    Le monde s'est éteint.
    Le carrousel des âmes qui hurlent revient me hanter, comme le souvenir oublié d'une mort.

    Une explosion.

    L'instant où tout commence à exister.

    Le vent qui emporte le pollen noir.

    La source de la vie.

    La France antihamites.
    Intolérante envers toute forme d'hérétisme.

    On a retiré le droit de vote aux dissidents.
    Ce n'est qu'une brimade de plus, car de toute façon,
    leurs voix sont noyées dans le beuglement de la masse hypnotisée.

    Le bétail doit travailler.
    On fait semblant,
    d'avoir une vie ailleurs, mais il n'en est rien.

    Il était une fois l'institution nutritive, la structure nourricière, l'exploitation humaine...

    Salvia : La ferme !

    Ed : ...d'être différent en projetant un fantasme bidon. Personnalité mon cul.
    Etre n'est pas paraître. Des pléthores de pales décalques du moule officiel.
    Une armada de répliques inconscientes.
    Un banc de poissons-chats la tête plongé dans la surface laiteuse.
    Avec du recul, on verrait presque de fringants spermatozoïdes.
    Pourtant les yeux clos s'ouvrent quand l'hameçon déchire leur gorge.
    La friture frétille.
    L'ovaire monde boit l'énergie de vos vie.
    Qui lui permet d'éclore.

    Salvia : Court circuit est vie.

    Ed : L'univers est une huître,
    la prophétie de la perle de la souffrance,
    une façon d'en sortir.

    Salvia : La folie des oracles...

    Ed : La mondialisation,
    le génocide des cultures,
    ethniques comme personnelles.

    Salvia : Je connais ton laïus.

    Ed : L'antihamitisme est son parangon.
    Ces dernier temps, il est très mal vu de ne pas être antihamite.
    Difficile de s'en rendre compte, on se conforme naturellement.
    Je me demande si c'est pas ce qu'on appelle être intégré ? ou inséré ?
    Je sais plus vraiment comment on appelle ça.

    Salvia : Suivre le droit chemin ?

    Ed : Le totalitarisme a beau avoir de gros sabots,
    on dirait que l'homme oublie les mécanismes de la réalité.
    L'antihamétisme fleurit, la réalité se flétrit, et s'assèche.
    Jusqu'à ce que le vent emporte au delà des étoiles par l'issue sidérale les poussières de la vie.

    Salvia : Ed ?

    Ed : Oui.

    Salvia : J'ai peur.

    Ed : L'intolérance.
    La haine aveugle de la différence.
    On ne peut se voiler la face,
    le premier pas c'est toujours l'amour extrême de l'uniformité.

    Depuis ce jour du premier tour des élections de 2002,
    j'ai fait tout mon possible pour éviter que l'horreur vienne prendre possession de ce monde.

    La fin tombe comme la nuit.
    Les paupières battent sans trop y croire.
    Il y a sur la route le tableau paralysé du cri d'un homme.
    Un jour, je me suis désintégré, comme la neige qui tombe sans fin de la svastika céleste.

    Amour, quel est donc ce chemin, je n'y vois rien. Où m'emmènes tu ?

    L'univers dans sa forme accomplie est le champ des possibles.

    Le flux suit la pulsation.

    La clef de l'éclosion ?

    Le point de la Division Cellulaire.

    Une manifestation spontanée de la vie.

    La terre s'est flétrie et même le vers n'en a plus voulu.
    Il avait tout dévoré et était tout devenu. Ivre, à en éclater.
    Quand il ne resta plus rien que lui, il ne pouvait qu'éclater dans une colère infinie.

    Naissance,
    d'un chemin de vie.
    La spirale noire s'étend,
    tout autour de nous.
    Je suis allongé avec Salvia à mes cotés, elle ne dis plus rien.
    Les yeux perdus dans le firmament.

    Au loin on entend une portière qui n'arrête pas de claquer.
    Le feu ronronne doucement à l'agonie.
    Elle me souffle encore quelque chose.
    C'est une perle d'encre.
    Une larme de peine qui palpite,
    sa surface prête a céder à chaque instant.

    Salvia : Même si je ne l'avais pas vu, j'aurais pu le déduire.
    La politique dans sa forme actuelle effectue une sélection
    dont l'objectif semble de faire émerger le parfait dictateur.

    L'ascension irrésistible de Sky Roza me terrifiait.
    Quand j'en parlais, on me répondait que si cela se produisait, il y aurait bien quelqu'un pour le dégommer.
    Hitler qui est ce qui l'a dégommé ?

    Ed : Il est au pouvoir depuis près de deux ans déjà.
    La plupart des dissidents au bout de deux mois n'avait plus aucun contrôle.
    Mis hors d'état de nuire.

    Deux ans...
    Aujourd'hui, il serait dangereux de critiquer ouvertement
    ce qui hier aurait provoquer la levée de tous les boucliers.

    J'espère que l'issue que j'ai trouvé
    pourra fonctionner.
    J'espère que d'autres,
    si ma nouvelle n'est pas détruite,
    pourront s'évader.

    Ce monde semble suivre l'inéluctable passage de la roue.
    Que naîtra t il des cendres de demain ?

    Deux ans...
    Aujourd'hui, il vaut mieux partir.
    Quelque soit la raison.

    Il n'y a jamais eu de place dans ce monde pour les déviants.
    Mais aujourd'hui la chasse est ouverte et couverte par les média.
    Si on ne peut tuer le déviant économiquement, on le met à mort chimiquement,
    ou comble de raffinement on l'invite à se suicider.

    Combien d'années ?
    Ces derniers temps la liste des morts, des expatriés et des reprogrammés s'étend sans cesse.
    Au point que les conformistes d'hier sont les déviants d'aujourd'hui.

    Deux ans et personne ne l'a tué.


    VI. L'Asile de Maudit.

    Salvia : Je crois que Nag est mort.

    Ed : Pourquoi tu dis ça ?

    Salvia : Ils ont retiré leur droit de circulation à ceux qui n'ont pas de travail. Ils ont 2 heures par jour d'autorisé au delà les Chiens tirent sans sommation au Tazer. Je ne sais pas si c'est pour protéger les travailleurs des miséreux ou occuper les nombreux Chiens.
    En tous cas tu connais Nag, je le vois mal accepter de rester cloîtré dans sa cage à lapin.

    Ed : Mais le Tazer, c'est pas juste censé immobiliser ?

    Salvia : « Incapacité ». Mais tu es vraiment naïf !
    Toutes les personnes qui sont à la dèche, en mauvaise condition physique, court un risque mortel, de même que les drogués.

    La France : un grand camp de la mort.

    Ed : Faut pas prendre mes propos au pied de la lettre.
    Je sais bien que la chasse au déviant à commencé dans l'indifférence quasi général.

    Tu te rappelles, il y a deux ans on venait de découvrir qu'un bar branché avait ouvert à Maudit.
    L'Asile avait ses décors aseptisés, ses serveuses en blouse blanche avec leur brassard orné du psy grecque...

    Salvia : Et nous étions ses patients sujets.

    Ed : On te passe un bracelet Com adapté sur l'écran souple de 60 mm sur 60 mm, qui d'ordinaire permet une navigation aisée dans le WiredSteam, ne s'affiche qu'un flux continu, donnant les indications à suivre.
    C'est un dispositif expérimental de recherche sur la lobotomie,
    les études sur l'intérêt dans le cadre du conditionnement psychique, montrent que si on laisse suffisamment peu de temps d'inactivité au cerveau, le sujet ne trouve pas le temps d'élaborer des stratégies subversives.
    Les bracelets Com qui utilisent les mouvements oculaires pour la navigation, voient ici cette fonction servir à adapter les consignes d'activité au rythme du sujet. Par ailleurs un faible niveau d'impulsion électrique est déclenché en cas de désobéissance, jusqu'à pouvoir entraîner une complète incapacité en cas d'évasion théorique.
    Là on est rendu loin du modèle standard...

    Salvia : Quoiqu'on trouve sur la toile une rumeur disant que cette capacité est dissimulé dans les bracelets Com standards.

    Ed : En tous cas, à l'Asile, ils n'en avaient que l'apparence, ils servaient principalement à régler automatiquement la facture comme dans n'importe quel commerce.
    Je crois même que déjà à l'époque les fonction de navigation Wifi étaient actives et permettaient de surfer sur les sites prohibés, le vaste réseau de l'illégalité ne circulait plus que sur les réseau intranet d'établissement interlope tels l'Asile.
    Le lieu affichait le retro poétique du hors temps d'une nouvelle de Thomas Dish.
    J'étais assis exactement à cette place sirotant ma tomate.
    Rappelles toi, on évoquait d'une part la tendance des acteurs à attaquer de façon trop frontal.

    Salvia : Et celle des penseurs à n'être pas assez actifs ou et a ne pas savoir gagner le bénéfice de la spontanéité.
    De même que toute révolution, si l'on en croit la ferme des animaux d'Orwel, comporte des idéalistes qui se font assassiner par des opportunistes.

    Ed : Que seraient ces opportunistes sans les gens qui adhèrent
    et finissent par pervertir complètement les idées salvatrices.
    Le Culte du Dogme.

    On avait mis en place un plan basé sur la création de cellules indépendantes, Autonomes pour l'action, communautaires pour le traitement de l'information. Un peuple d'arachnides qui tissait une immense spheretoile autour de sa proie. Jusqu'au jour où je devrai me sacrifier pour échanger mon énergie contre celle du dictacteur.

    L'anticipation, art de la politique ?
    Les mêmes qui pleurnichent aujourd'hui, hier disaient que si il passait au pouvoir ils le tueraient.
    Hitler n'est pas mort le jour où il est passé au pouvoir.

    Deux ans plus tard notre plan est en train d'échouée, nous avons peut être plus de sympathisants,
    mais tous nos contacts sont tombés.

    Même Nag a fini par se faire avoir.

    Les cellules sont mortes.

    Salvia : A moins que, nous n'ayons été qu'une cellule
    et que la véritable Division Cellulaire n'ait pas encore commencé...


    Ed : Même moi qui donne l'impression d'être intégré au système en comparaison,
    je n'ai plus d'autre choix que de quitter cette terre.

    Que se passera t il alors ?

    Salvia : Je pense qu'Ed End va se manifester.
    Il prendra mon corps vacant et appellera de tout son cœur la synthèse.

    Dire que la dernière fois nos conversations surveillées étaient des chefs d'œuvres de désinformation,
    aujourd'hui cela ne sert plus à rien.

    Les cartes sont posées.



    XIII. L'Avenir Maudit.

    Ed : Dans mes rêves, j'imaginais que la chute s'inversait,
    que le monde allait se rendre compte, que l'on ne peut viser un objectif sans courir le risque de l'atteindre.

    L'objectif est-il le totalitarisme ?
    Sa matrice est-elle le culte de l'Ego absolu ?

    Les bêtes aveugles se vautrent dans le fantasme d'une réalité à l'image de leur réalité.

    Une réalité absolue. La norme. Les autres n'ont pas le droit de citer.
    On stérilise les pensées.

    Seul des Egoïstes sont capables d'imposer aux autres leur seul modèle.
    Les autres ont suffisamment conscience du monde,
    pour se rendre compte que l'on ne boit pas tous à la même source...

    Salvia : Je ne suis pas d'accord.

    Ed : ok, en réalité, c'est : « on boit tous à la même source qui est inscrite dans l'InfInI,
    mais nous nous enivrons pas de la même façon... »
    En tous cas tant que les plus sages se laisseront exterminer par les plus fous,
    le monde sera de plus en plus...
    ...de plus en plus...
    ...de plus en plus près de la fin.

    Alors, je rêve du jour, où les innocents
    Egorgerons leurs bourreaux.

    Ce jour sera le fête de la vie.
    Ce jour sera l'entrée dans l'air du verseau.


    XIV. Crise : la parole déborde les phrases.

    De la façon la plus simple qu'il soit :
    Par l'envoi d'un flux codé qui génère une séquence de contrôle.

    Le déploiement des micro évocations dans le dialogue.

    La combinaison des émotions dissimule la possession, elle maintient l'illusion d'être.
    Elle sert de réceptacle au fantasme de la vie.

    Ed : Nous sommes tous bourreaux.
    Exploitation de l'homme par l'homme.
    Alors il faudra mettre à mort
    la distinction des divergences. Se réconcilier.

    Salvia : Et accepter que l'on ne peut pas comparer deux êtres différents ?

    Ed : Oui, juste les contrôler.
    Leur donner une nouvelle illusion à adorer.


    Salvia : Tu câbles à n'en plus finir. C'est terrible ta diatribe !
    Ed, j'ai des frissons qui s'élancent par instant dans mon dos.
    Je sens quelque chose qui me contrôle de l'intérieur.
    Est cela que tu es en train d'essayer de me dire ?
    Que tu es en train de me contrôler par un système de leurre émotionnel ?
    Que je ne suis que le fantasme résiduel de celle que tu vois là bas ?

    Je crois que c'est parce que tu es à la croisée des chemins,
    tu portes tous les visages, comme un miroir tu exauces mes désirs,
    car ils sont tes désirs.
    Est cela voler une âme ?
    Qui serais-je si tu ne m'avais pas rencontré ?

    Ed : Il faudrait se réconcilier, être différemment.

    Chaque émotion est une réplique dans un univers,
    comme un torrent d'eau glacé où des dauphins sur le dos immergés onduleraient sans se souvenir,
    jusqu'à l'instant de leur disparition ou de son illusion.

    Les mains expertes des hommes en blouse blanche,
    aux peaux fanées, tirées par les ages,
    en retirant l'esprit des dauphins,
    l'on plongé dans leur univers.

    Son énergie plus dense a pulvérisé notre codage.
    Nous nous sommes disséminés,
    au travers des consciences.

    Dorénavant le voyage est différent.
    Je sais que ce n'est plus l'eau qui tétanise mes sens.

    Pour tuer l'écho fantôme, en nous,
    de cette société,
    faudrait-il qu'ils acceptent de se délivrer bénévolement de leur servitude volontaire ?

    La nostalgie de la cellule originelle.

    Pour être plus clair :

    J'ai l'impression,
    de voir des troupeaux de bécanes pachydermiques dociles qui
    regardent avec tristesse les délices que leur interdisent
    un ou deux virus, genre souris, misérables.


    VIII. Un certain chemin.

    De l'ombre,
    elle s'écarte doucement.
    Elle a ce cri sur les lèvres.

    Surimpression.

    Elle s'allonge
    dans un souffle,
    et bat régulièrement.
    Vie est si rouge à ses bras.
    Elle s'élance mécanique incertaine
    vers d'autres mondes.
    Ombre vague,
    qui palpite en feed back.
    Je vie à ces cotés.

    L'ombre,
    je tremble de l'écouter,
    battre comme néant.
    Absence.
    La fleur d'encre,
    pousse son chemin,
    jusqu'à moi,
    venin.

    Je n'ai jamais vu,
    que cet instant,
    où tout s'arrête
    et rien ne recommence.

    Si la fin signifie
    l'Infini,
    la séparation, désintégration,
    est comme un printemps inversé.
    Le lait noir.
    L'homme défiguré par le venin.
    Le poison intérieur.
    La conscience
    de l'Etre.

    L'agonie du ressac
    des pensées aux portes
    de l'Edend.

    L'écart se creuse,
    devient gouffre,
    prend vie.

    Et nous sommes ses extrémités.

    Le lien est un point.

    Au delà,
    sur le chemin sans fin,
    une ombre marche.

    Notre amour mort hante l'universel océan.


    Quand je regardais mon sang gicler
    et qu'elle regardait mon âme danser.

    Le feu nous dévorait

    Je l'ai vu face à ma mort.
    Je ne sais pas pourquoi
    elle est venue.
    J'ai vu son regard vaciller.
    J'ai vu s'effondrer une ombre.
    J'étais là à me pencher,
    bizarrement,
    à chercher,
    sans pouvoir,
    attraper les poignets,
    de mon corps.
    Là, où quelques instants encore fut la source de ma vie.

    Le ciel B-r-i-s-é, fissuré,
    est comme un miroir B-r-i-s-é.
    Mes souvenirs si projettent,
    à l'InfInI.

    L'oubli
    est un huis
    par où l'on voit
    le multivers.

    J'ai vu qu'au delà
    ici ne s'arrêtait pas.

    Il était juste noyé dans le multivers.
    Mais quand l'on sait
    nager le plus infime filament suffit à nous guider.

    Je t'ai rejoins,
    là où je m'étais arrêter.

    EDEND

    J'ai été envahi,
    emporté par le courant,
    je me suis disséminé comme une épidémie,
    en pensant me recréer ailleurs.

    En réalité, le schème est celui de l'explosion de l'énergie
    qui se nourrie de sa source jusqu'à disparaître,
    ailleurs.


    XV. Aramcheck.

    Salvia : Tu dors ?

    Ed : Non.

    Salvia : Pourquoi tu te trimballes ta vieille bécane ?

    Ed : Aramcheck ?...

    Salvia : Tu vas pas me dire que tu t'imagines que ta bécane va faire le voyage avec nous ?

    Ed : Non, je n'y avais pas pensé. Après tout qui sait. Si je l'ai emmené, c'est peut être que c'est possible.

    Salvia : Tu vas peut être l'enterrer dans un coin paumé et ensuite on plongera dans tes histoires,
    histoire de les réécrire de l'intérieur ?

    Ed : Tu sais, dans l'Infini, je me sert d'Aramcheck pour programmer un code musical basé sur Pi et la rémanence des couleurs opposés...

    Salvia : Tu peux me dire ce que c'est : « la rémanence des couleurs opposés » ?

    Ed : C'est un effet optique. Si tu fixes le dessin d'une croix avec autours quatre quarts de couleurs différentes pendant une minute, et qu'ensuite tu regardes une croix sur un fond gris, alors tu verras leurs couleurs opposées apparaître.

    On est entrain de tracer comme des fous au travers d'une forêt d'encre et d'arbres liquides.
    Quand soudain les feux d'une ville nous entourent, un défilé de canaux électroluminescents, avant même de pouvoir s'arrêter, nous voilà plongés dans une bretelle d'autoroute...
    En plein centre ville ? Le sol se dérobe. Merde. Putain de bouche de métro. L'auto stoppeur est terrifié.
    Il s'agite comme fou, acharné après la portière. Je débloque la sécurité et il jaillit dehors, tandis que résonnent quelques notes, oh combien familières.
    Mon portable sur les genoux et les lumières autours qui fusionnent, tu es comme cramponnée au volant,
    figée dans un instant, comme moi, tu dois me voir, immobile, devant ma boîte à souvenir, qui libère : Ailleurs.
    Ailleurs est un autre monde.

    J'ai trop peur de me jeter hors d'ici dans ce lieu qu'on appelle la nuit,
    je me souviens, mes yeux qui errent au delà de mon esprit, la lumière, j'existe.

    Multivers, strates, unicité, individus cloisonnés, etc. Enfin tu sais bien...

    Salvia : L'Infini ?

    Ed : Alors la réflexion, l'imagination, les rêves, sont un simple décentrage.

    Si pour avoir conscience du multivers et en parler il faut l'avoir atteint. Le temps n'existant pas dans le multivers. A l'instant présent, je suis celui qui est vivant, celui qui meurt et celui qui est mort. Je suis déjà mort quand je prononce ces mots et cela transpire tout autours.

    Loin de mon corps je peux parler de ces autres univers sans risquer de m'en souvenir.


    XVII. Une prière.

    Notre fou qui êtes un rêve,
    vous qui êtes le magicien qui éveille nos pensées à la vie.
    Portez notre esprit.

    Dans nos mains déliées, au cœur de la danse des envies, que votre rêve vienne,
    que la frontière d'au delà disparaisse.

    Puisse l'union réalisée au champ du possible,
    être féconde.


    XVII. Divergence.

    Ed : Si cela peut te rassurer la ressemblance entre la fiction est le réel est limitée.
    Par exemple, quand je te raconte le passage de l'Infini sur le multivers, cela t'accapare complètement et tu fini par perdre le chemin de l'appart. de Nag. A l'instant où je dis : Où cela va nous mener ?
    Nous nous retrouvons dans une impasse, son extrémité s'achève sur un bâtiment qui porte inscrit sur un panneau : Sanatorium.
    On téléphone à Nag pour se renseigner et comme il n'est pas là on part seuls.
    Plus tard on tombe sur un auto-stoppeur qui n'est autre que Nag, mais il fait comme si il ne nous connaissait pas.

    Rien de ceci ne nous est arrivé, alors je ne pense pas qu'on risque d'avoir un accident.


    IXX. L'apparition du pendu.

    Ed : J'ai l'impression d'être déjà là. Dans cet ailleurs dont j'ai rêver. Je vois dans un halo de lumière un pendu accroché à sa corde, son visage figé par la rigor mortis. Il tourne dans le vide. Je ne l'aperçois que par fragment, jamais plus grand qu'un instant. Brusquement il s'arrête. Sa silhouette qui dessine comme une obscure porte sur un autre monde me fait face. Ses yeux aveuglés, par la mort, me fixent. Ses lèvres se couvrent de mots. C'est comme des pensées qui affleurent, peu à peu, je commence à comprendre le sens de ses paroles...

    Au commencement il y a une cellule, puis l'ophtalmie, ce que l'on voit est pure illusion. Rien d'autre n'existe.
    Au commencement il y a une cellule, puis l'ophtalmie, quand on s'approche de l'océan, on jette une pensée,
    elle rebondit sur la surface sans fin.
    Désormais la vie est loin.
    Il ne reste qu'une pensée.
    Une pensée qui s'est égarée jusqu'à se dissoudre sur la surface de l'océan,
    un peu comme de l'écume.
    Une pensée qui s'est divisée en d'autres pensées,
    jusqu'à complètement oublier,
    ce qu'elle fut au commencement.
    Ceci est le chemin de l'être au néant.
    L'abîme est né d'un instant, il en est le témoignage.
    Pourtant, l'instant est oublié.
    Le souvenir de la vie.
    Le chemin de la terre originelle.

    Une cellule, quand elle a commencé à se diviser, quand elle est devenue multitude, ne peut redevenir la cellule originelle sans réunir l'ensemble des cellules.

    Si elle y parvenait elle serait hantée à jamais par les cellules oubliées.

    A moins que ce ne soit là la première pierre de l'axe des dimensions et qu'il suffise de remonter une à une, une par une, toutes mes pensées, le long du chemin intérieur, jusqu'à redevenir la pensée originelle. Ne pas s'arrêter, repartir tandis que reste prisonnier de l'écho le souvenir de cet instant où je me suis égaré.

    L'instant d'après je m'éloigne de l'océan et je reprends mon chemin loin de la vie, de son illusion.

    Je ne sais pas ce qu'il restera.
    Je ne sais pas ce que deviendra la trace de mon passage.
    Peut être sera-t-elle féconde, peut-être livrera-t-elle au monde une nouvelle forme de vie ?


    Etre une cellule aveugle qui se divise en s'imaginant exister,
    alors qu'elle n'est rien qu'un processus, sur lequel elle n'a aucune emprise.
    Ce n'est qu'un peu de sang, un peu de ma vie qui se reflète sur la surface de l'océan.
    Son éclat sur chaque vague qui miroite à l'infini.
    L'homme est une pensée perdue dans l'abîme.
    Au commencement, il y a une cellule, puis l'ophtalmie.

    La bouche du pendu se déforme infiniment torturée par un cri.

    Ed : Dès lors, ses paroles s'échappent de moi.

    J'ai plongé à l'intérieur de vos esprits
    Je me suis éveillé en vous et j'ai pris contrôle de vos vies.
    Dorénavant, même si vous n'êtes qu'une réplique infini, vous êtes vivants, il vous appartient de tracer votre chemin.

    Le pendu hurle : Je ne peux te croire.

    Ed : Pourtant, chaque fois que tu clignes de l'œil tu t'éclipses et dans cet intervalle, j'inscris un code, dont la rémanence est ta vie. Un peu comme un violoniste, je libère la mélodie de mes pensées qui se répercute alentour, alors quand elle se combine avec son écho, ta vie naît de l'harmonie. Il y a de fortes chances que ce que tu appelles le réel soit l'instant où je laisse courir mon archet sur les cordes.

    Le pendu : Si ce que tu dis est vrai, il n'y a pas de libre arbitre,
    alors la vie n'est qu'une illusion et son nom secret est la mort.

    Ed : Aucun problème ne nécessite d'être complexifié, il suffit de suivre le fil tenu de la simplicité pour lire le chemin de vérité. Je ne regarde pas, je vois. Au delà commence une cellule, puis viens l'ophtalmie.
    A l'instant où je prononce ces mots, l'image qui se forme de toute part et celle de vos multiples visages.
    En l'un de vous sont tous les autres.
    L'Ed end est le court circuit du macromicrocosmos, l'infini cosmos.
    Si l'on ne garde que l'essentiel, vous n'êtes qu'un visage perdu qui cri devant la révélation et, prudemment, comme le fait celui qui éprouve une émotion pour la première fois, vous vous repliez sur l'illusion confortable, vous faite passer l'intolérable vérité pour une simple fiction.

    Au commencement, il y a une cellule, puis viens l'ophtalmie.
    A cet instant, vous n'êtes qu'un visage du cosmos qui crie dans sa cellule.

    Progressivement j'oubliais ses paroles et me retrouvais de nouveau dans le silence.
    Mes lèvres continuaient de bouger, mais c'était comme si on avait coupé le son.
    Seul un signal régulier, le bruit des gouttes qui tombaient.
    Hypnotique dans sa régularité. Mon esprit me quittait pour les compter.
    Compte à rebours qui recommence à l'infini. Es-ce que c'était des larmes, du sang, du sperme ou de la merde ?
    Elle tombaient et mon regard accompagnait leur chute sur le sol. Là était une ombre douée de vie.

    Elle me bouscule un peu.

    Salvia : Tu dors ?

    Ed : Non, je suis quelque part dans la toile de l'infini,

    Salvia : Cela n'a pas de sens.

    Ed : Et tu rêves à mes cotés.

    Salvia : Oui...

    Ed : Je me regarde,
    sans me voir.

    Salvia : Trop délire ton histoire de miroir sans teint
    On dirait une histoire d'autruche à trou du cul land.

    Ed : Attends, écoute celle la :
    Elle raconte...

    Salvia : Ta mort.

    Ed : Elle s'étend...

    Salvia : ...comme un jour sans nuit.

    Ed : Pourtant, ce n'est pas lui qui s'use jusqu'à partir en poussière.

    Salvia : Tu dis n'importe quoi.
    J'espère que les dialogues de ta nouvelle sont pas autant allumés.

    Ed : Ce n'est pas n'importe quoi.
    Je n'ai pas à forcer les personnages à être raisonnable.
    Je n'ai pas non plus à dicter leurs actes ou leurs paroles.
    Je ne suis pas même leur hôte.
    Je les invite juste à intégrer l'histoire de l'Infini. A écrire leur vie.

    Ils sont libres de penser.

    Et d'abord, s'il fallait être raisonnable, tu ferais mieux de regarder la route :
    Il y a une bretelle d'autoroute juste devant toi ! ! !


    XV. Le Crash.

    Pendant quelques instants, tout autours de nous,
    les lumières, ont éclatées.
    On valdingue dans tous les sens.
    La caisse secouée, comme si elle aussi allait éclater.

    Apparemment ce n'était pas une bretelle d'autoroute.
    Les mains de Salvia se sont figées, elle semble tétanisée, mais son regard est étrangement calme,
    comme si c'était la première fois qu'elle me voyait.

    Le vacarme continue donne l'illusion du silence.

    Il y a une sorte de code qui s'inscrit sur ma bécane

    Je crois que j'ai trouvé l'(une)issue.

    En combinant les sources sonores que ma bécane génère spontanément,
    je devrais réussir à nous projeter dans le multivers.

    J'ai mon doigt qui tente désespérément de lancer la séquence...

    Nag semble l'ombre de lui même.
    On dirait que quelque chose l'attend et qu'il ne pourra reprendre conscience qu'à cet instant.
    Il est dans son coin, arc-bouter sur la portière.
    Il se cabre sur la poignée, comme l'automate d'un chat un rien détraqué,
    à moins que l'émotion ne lui ai déclenché une crise d'épilepsie.

    Autours de nous les secondes curieusement dilatées nous permettent d'apercevoir la foule inquiète qui s'enfuit en essayant d'éviter le bolide en furie. Nag arrête sa pantomime en éclatant de rire à gorge déployée, de mon coté, j'ai arrêter mon simulacre de scène catastrophe, j'ai tranquillement pressé la touche de déclenchement de la séquence. Même si cela n'a duré que quelques secondes je crois que Salvia à vu le jeu.

    Il y a eu un grand craquement...

    Et sans transition.
    Je me suis retrouvé seul, assis dans la voiture de Salvia envahie par l'éther blanc, éblouissant,
    quelques instants avant ou après l'explosion, sans pouvoir distinguer autre chose, que l'écran noir de ma bécane.
    Mes deux mains frénétiques, qui courent sur la surface du clavier, chacune s'applique à écrire une histoire.

    D'un coté je me retrouve sur le chemin du pays d'autrefois.

    De l'autre coté, j'entends des voix dirent qu'il est mort dans l'explosion.
    Comme un brouillard son souvenir se dissipe et quelques instants l'écho « mort » résonne dans la station de métro déserte comme si son souffle avait tout emporté. Seul l'air garde encore la trace de l'explosion.

    Je cherche
    quelques instants,
    dans la station abandonnée.
    Avant de remarquer, l'ombre qui coule des murs,
    comme de l'encre de poix,
    elle coule jusque sur la voie.

    J'ai longtemps marché avant d'atteindre un souvenir... l'absence de Salvia !
    Il m'a guider jusqu'à un coin de mur où elle se balançait,
    le regard perdu dans le vide.

    Elle m'a pris la main
    Et nous avons marché ensemble
    sur la voie.

    Nos pas ont raisonné quelques instants.
    Puis peu à peu nous nous sommes éthérés,
    jusqu'à se fondre dans le néant,
    jusqu'à ne plus être
    jusqu'à cet instant où, sans transition.

    Je suis seul sur le sol de la station et je regarde sur l'écran cassé d'Aramcheck une image de Salvia.


    XVII. La source.

    « La mana : Etymologie. Manare, maner, la source : par exemple
    l'odeur de la fleur, l'arôme qui s'en exhale,
    c'est manare ; la fumée du feu. » (Patrick andré chné, sophrologie fondement et méthodologie.)
    -----------------
    Manence et retromanence.

    XX. La clairière.

    Quand on visite l'abîme sans fin, un a un les échos s'évadent, on se perd.

    Salvia : Encore perdu dans tes pensées cryptées ?

    Ed : Ouais... Où est ce qu'on allait déjà ?

    La voiture ralentie, comme si l'énergie du moteur s'était évanoui, et la nuit s'adoucie.
    Les arbres s'écartent pour révéler, une sorte de clairière, immense et circulaire.
    Une clairière éclairée par le halo rougeoyant qui précède généralement le soleil du matin,
    alors qu'autour la forêt est plongée dans la nuit.
    On laisse la voiture éteinte à l'orée. Ses portières ouvertes.
    J'ai l'impression d'abandonner l'ère du cauchemar industriel, pour entrer dans une enclave de paix.
    Un lieu où les mondes prennent naissance.
    Je suis venu rêver à tes cotés n'arrête pas de murmurer comme une poupée cassée Salvia.
    Chaque fois que je tourne mon regard vers elle, elle fait de même comme un reflet dans un miroir.
    Elle a ce sourire navré de la mouche dans la toile de l'araignée qui sait que plus rien ne les séparent.

    Elle ne me répond pas.
    Je crois qu'elle aussi a oublié.

    Alors, je remarque dans le sol poussiéreux, une sorte de lézarde noire qui sinue.
    Je raconte à Salvia, comment dans ma nouvelle,
    je sors de la boutique et dans le ciel craquelé la lézarde m'attend pour me mener à elle, chemin vers la naissance.

    Vers l'instant de grâce suspendu où je suis ici, avec toi,
    les vagues de poussières sur la terre craquelée absorbent nos pas, mais dissimulent mal l'apparition spontanée d'empreintes de mains qui s'incrustent dans le sol, tandis qu'on disparaît à la vue du monde,
    enfin réunis ?

    Nous suivons ce chemin qui semble se diriger vers le centre de la clairière.
    Quand on approche le sol se creuse. La terre sèche, aride, est recouverte d'une sorte de croûte de sel.
    Curieux, je m'attendais à découvrir une mare d'encre noire
    et me voilà sur un miroir qui a drôlement l'air lunaire.
    Il y a une assemblée de 11 fauteuils déniapés qui semblent être là depuis une éternité.

    Salvia : Je me demande qui a bien pu les installer là.
    On dirait que ce sont les mêmes êtres qui ont aménagé cette clairière. J'ai l'impression de rêver éveillée.

    Ed : Regarde la craquelure prend la forme d'une spirale. Et si... Si on restait là quelques temps ?

    Salvia : ça dépend de la durée que tu donnes à quelques temps ...

    Ed : Je crois qu'on a trouvé le coin idéal pour vérifier cette histoire de porte sur le Multivers. Après tout, si ce que dit ma nouvelle est vrai, je me demande si je reviendrai de ce voyage ?
    Alors j'ai besoin d'un peu de temps, histoire de dire adieu à ma vie passée.

    Salvia : Tu ne crois pas que c'est un peu prématuré ?

    Ed : Tu sais, tout à l'heure je me suis endormi et j'ai eu une vision du lieu d'ici.
    Enfin à part le sol de terre aride, c'était pratiquement la même chose, il y avait cette immense spirale noire.
    On aurait dit une réplique à grande échelle du disque de Phaistos.
    A frontière de réalité je devinais l'image sous jacente d'un pendu.
    Sous terre au centre de la spirale je ressentais l'énergie d'une mandragore...

    Salvia : C'est vrai que cette enclave circulaire au cœur de la foret, prise dans la nuit, dans la pluie... à des airs de disque lunaire. On dirait bien que tu as vu l'envers du décor.

    Ed : Accroché à sa corde le pendu tournait sur son axe.

    Quand il s'est arrêté, je ne sais pas si j'ai prononcé cette question, mais je l'ai pensée :

    Pourquoi la mort est omniprésente dans tout ce que je créé ?

    Je n'attendais pas de réponse.
    Pourtant j'ai vu la scène sous un autre regard, le pendu dans sa rotation évoquait une vague horloge, animée par l'énergie de la mandragore et moi, j'étais l'ombre du pendu.

    Alors sa bouche se mis à bouger lentement, un marmonnement presque inaudible en sortit.
    Puis un a un quelques mots se détachèrent :
    « Au commencement, il y a une cellule... »

    Salvia : Sérieusement !

    Ed : Non, je délire... il a dit quelque chose du genre : « Ici, c'est tout comme la caverne aux ombres. »

    Salvia : La caverne aux ombres de Platon ?.

    Ed : Je ne sais pas quel est le rapport entre ce rêve et cette clairière.

    A moins peut-être que les univers que nous nous apprêtons à visiter, ne soient que des ombres dans une caverne
    et que « Ed end » soit la lumière qui découpe nos silhouettes.

    Salvia : Je comprends, tu ne pourras plus te contenter de rêver de vivre.

    Ed : Tu te rappelles ma table avec la bouche au centre de la spirale ?
    J'ai comme une impression de déjà vu.
    Je crois que quand le feu sera éteint, je mettrai la plante en terre au centre de la spirale.
    Tu m'aides à aller chercher du bois pour faire un feu ?

    Salvia : Je veux bien, mais, avec quoi tu vas l'amorcer ?

    Ed : C'est marrant, le seul papier que j'ai sur moi, c'est mes prints de la nouvelle,
    alors si on ne trouve pas d'autre amorce, je crois qu'on va faire une petite cérémonie,
    afin d'être sûr qu'elle accède à la vie.
    On va réunir le feu, la terre, le végétal, et ce bon vieux sang qui coule déjà de mes poignets.

    Salvia regarde mes poignets entaillés : T'es grave ! J'aurais du m'en douter, il y avait tous ces signes...

    Ed : Ne t'inquiète pas, dès que j'ai fait ma petite ronde, je me fais un bandage histoire que ça se referme.
    C'est sans risque.
    Quand la fiction rejoint la réalité plus besoin d'écrire. Il s'agit de vivre.

    Salvia : N'oublie pas qui je suis, c'est pas parce qu'on est à ouate mille d'un hosto que je m'inquiète,
    c'est parce que je sais ce que signifie cette cérémonie.

    Ed : Je vais te dire ce qui n'est pas écrit :
    Après le choc, les deux monstres sont imbriqués, la voiture et le métro ne forment plus qu'un amas de ferraille.
    Le feu brûle doucement. Le silence est tombé. Je ne suis qu'une plaie.
    Cependant mon sang ne coule pas. Je te cherche partout. Il semble ne plus y avoir âme qui vive.
    Je jette un œil à l'écran détraqué de ma bécane. Par moment, je vois ta silhouette se balancer lointaine, comme vu d'une Webcam. Je crois que j'ai échoué, toi tu es là bas et je ne sais pas comment te rejoindre. Ce n'est peut être qu'une expérience de mort imminente ou une rémanence de ma vie passée. En tous cas, il fallait que j'échoue, car les histoires que je raconte ne finissent jamais comme je le voudrais. C'était le sine qua none pour forcer le réel à mentir,
    pour rendre ce jour où nous partons ensemble possible.
    Je me suis sacrifié, mais je sais que ce n'est qu'un personnage qui meurt.


    XXI. Rituel de la réunion de divers éléments (du feu, du sang, de l'air, de la terre, du végétal...)

    On a été jusqu'à la bordure de la clairière, on voyait pas très bien mais il y avait pas grand chose comme bois, en avançant un peu dans l'obscurité je me suis rendu compte qu'il y avait un fossé qui semblait faire le tour, comme une sorte de réseau pour les lutins. De l'autre coté j'ai trouvé suffisamment de bois.

    Ensuite Salvia entassait toutes les branches dans mes bras,
    quand on a eu un beau monticule, on est revenu au centre.

    Elle m'a aidé à casser les branches.
    On s'est servit de ma nouvelle pour amorcer le feu.

    +++++++++++++++++++++++++++++++++

    La danse.
    Je donnais l'impression de détaller dans tous les sens, en réalité, j'allais simplement d'emplacement en emplacement.
    En suivant la logique du rituel.

    Le chant.

    De temps à autre, je m'arrêtais pour taper des mains dans les empreintes.

    Cela faisait comme un code. Comme si je sondais la surface pour entendre la vie résonner.


    Au cœur de la Spiralétoile, Salvia illuminée par les flammes tenait le rêve de la plante dans ses bras.

    A chaque tour révolue, je m'approchais et lui coupais une feuille.

    +++++++++++++++++++++++++

    Je tapais des mains dans les empreintes, pour que résonne la vie.
    Cela faisait comme une cérémonie de mains folles qui s'incrustent dans le sol, apparition spontanée à peine voilée.
    Je fuse de tous cotés, jusqu'à me libérer du sens. Et peu a peu, ma gravitation s'organise.
    Satellite en suspens de la cérémonie. Par instant, je me fige et laisse jaillir de mes lèvres, le flot de vie.

    L'être enchanteur.
    Le rêveur de réalité éveillé au cœur de la forêt.
    Il se lève et part à travers le monde.
    Le dragon blanc à ses cotés, vole de nouveau.
    Il est comme un flux à présent.

    Je détallais dans tous les sens, m'arrêtant crépitant de temps à autre, les deux bras tendus, riant.

    Le feu grésillait quand des gouttes de mon sang atterrissaient en son cœur.

    Je dansais illuminé par les flammes.

    Jusqu'à n'en plus pouvoir, jusqu'à atteindre la transe.

    (Mon âme accède à l'Ether.
    Une fois, deux fois comme une respiration saccadé, jusqu'au point de saturation
    Où elle n'est presque plus sur terre.

    Mon corps cherche quelques instants,
    Celle qui vient de le quitter,
    tandis que la perception de l'univers éclate comme le jour à mes sens.)


    XXIV. Au delà de mes ressources physiques,
    Je suis pure perception.

    Tout ce que je viens de vivre n'était qu'une projection. Un leurre de mes organes sensoriels.

    J'assiste à la véritable cérémonie et c'est Salvia qui mène la danse.

    Si la synthèse est une microforme d'objectivation par l'union des subjectivités interactives,
    la transe elle est une microforme d'objectivation par la soustraction de ses subjectivités interactives.
    Elle ne permet pas l'accès au réel,
    mais joue le rôle d'une pôle magnétique qui permet de rapprocher le réel de sa forme.

    Mon âme accède à l'univers.

    Tout d'abord, je vois la clairière.

    Derrière, le temps où je suis en transe l'autre cérémonie qui se profile semble n'étant moins artificielle.

    Les mains de Salvia me tiennent du bout des doigts, je vois dans ses yeux mes yeux où se reflètent ses yeux.
    J'entends sa voix tout prêt, comme si elle murmurait ses paroles sur moi.


    Autours de nous il y a une foule de Salvia. Salvia qui porte un téléphone à son oreille. Salvia qui gazouille à l'oreille d'un épouvantail. Salvia penché cassé en deux qui vomit ses tripes. Salvia qui danse folle. Salvia statique est morte comme une image arrêté.
    La foule des répliques frémit quand Salvia son panier au bras traverse le champ cueillant de si de là les fruits de Vie. J'entends grincé la porte à chaque étape de sa moisson
    Plus vite plus fort
    Comme une tornade
    Ses mains des griffes.
    Un carnage organisé
    Méticuleux
    Salvia s'applique
    Et la foule de réplique
    S'affaise
    Il ne reste qu'une nappe rouge comme si le soleil couchant venait pleurer sur le disque lunaire.
    Quand à moi je tourne autour
    Du corps de Salvia étendue nue dans le feu
    Qui gémit doucement
    Au cœur de ses rêves
    On ne voit pas mon chemin
    Juste de point en point (de place en place)
    (on peut surprendre) régulièrement ma silhouette se dessine jouant la pantomine tendu dans l'extrême paroxysme mes bras jetés au dessus de son corps. Tandis que pleuvent des larmes de sang qui perlent hors de ma peau.
    En éclatant à la surface de son corps comme des empreintes rouge de feu.
    Ses gémissements s'enchaînent jusqu'à n'être plus qu'un râle. Salvia devient la porte.
    Et je pars avec elle.
    La traversée est infini.

    Tu sais j'ai pas voulu leur raconter la vérité, (je sais qu'ils n'auraient pas supporté) je leur ai laissé pressentir.

    Tout en m'amusant à saccager comme un enfant avec ses jouets qui essaie de comprendre (communiquer, converser ?) (écouter et répondre ?) le monde.
    Et s'y applique trop bien.
    J'ai transformé l'infini en une parodie de documentaire.
    Demago et redondant.
    Où de pseudo personnages se dissolvent les uns après les autres.
    (l'espoir ?) (L'écume ?) des pensées sur la jetée.
    La tournante des esprits qui déflore la vie.

    Une farce sinistre où se dessine en filigrane la véritable cérémonie. J'ai toujours aimé l'image du maudit au bras tendu des plumes dans les mains qui fait semblant de voler.

    (qui joue à l'ange déchu ?)

    L'enfer est un jardin d'enfant
    sous chaque pierre blanche
    dort une âme

    Une à une je les soulève
    Pour contempler
    Leurs reflets endormis

    Ainsi du jour à la nuit
    De la nuit au jour
    Je garde le souvenir
    Au cœur de l'oubli.
    ++++++++++++++++++
    Salvia
    Ouverte sous moi
    Les univers rayonnaient

    Comme tiré par la tête
    Je continu
    Ma rotation
    Sans cesser d'accélérer
    M'élevant
    Jusqu'à être pile
    A sa verticale.
    XXXXXXXXXXXXXXX
    Nous nous sommes annihiler ensemble.
    Le cataclysme.

    Union réunion
    Libération
    De la concentration
    Pulsation propagation.

    Voyage vie.

    L'itinéraire Initiatique de l'éveil est un leurre seul compte l'instant
    l'ultime instant
    le lien
    de l'apothéose à la source.
    XXXXXXXXX
    J'imagine que dans chaque univers chaque réplique cherche l'instant ultime
    Le lien la matrice.
    Comme un reflet qui devine le miroir
    Comme un papillon dans la lumière
    Comme ange
    Comme le maudit.
    XXXXXXXXXXXXX
    Quand j'ai refermé sur moi la cellule.
    Je pressentais ce qui allais se produire : (Division Cellulaire) l'autisme. Etre, c'est incarner l'univers en soi.
    XXXXXXXXXXXXXXX
    Certains prétendent avoir vu l'edend. Pourtant si l'edend existe on ne peut le voir. On ne peut qu'être Edend. En filigrane. Une vague impression. Une entité désincarné. Une rémanence (après) ou une remanescence (avant). Le corps est une prison. Aujourd'hui devrais je regretter de mettre enfermé dans ma cellule de chaire. D'avoir sacrifié ma liberté.
    XXXXXXXXXXX
    D'avoir quitté l'infini pour l'unicité.
    De mettre réveillé en 2071.
    Fatigué, là, 7 années à me former à être au service de la maintenance.
    Qui aurait cru que les cavales autrefois avait une autre persona que la personnalité des steamaddict. Edend c'est découvert une âme. Il a quitté le courant et en chaque cavale son chemin s'est révélé.
    Les prophéties ne sont pas que les souvenirs du futur ce sont des fragments du temps qui témoignent de son illusion.
    XXXXXXXXXXXX

    Un enfant, s'il a des pièces, il resoud le puzzle, une fois, ensuite, il peut le démonter, et recommencer jusqu'à ce que les pièces soient trop usées. Fatalement l'Entropie Rode. Alors le puzzle est comme un jouet cassé.
    C'est la vie ICI. C'est terrible. Il Y a un chemin.
    XXXXXXXXXXX

    J'ai l'impression, éphémère, hors de ma peau, une pensée, à coulée, ma vie avec s'en est allé.
    L'infini, le chemin de l'oubli.
    La pensée cloisonnée, chaque cellule, comme si le gène irradie.
    Et pour se préserver érige une barrière.

    Combien d'année déjà ?

    Il y a des univers où la synthèse a eu lieu. Je suis ici sur le chemin de l'infini quelque part vers 2071 le temps c'est arrêter.

    Celui qui remonte dans le passé ne voit qu'une succession de jour et de nuit.
    L'enthousiasme le quitte
    Quand il voit qu'il n'y a pas d'autre évolution que l'ed end cet instant merveilleux ou l'on est délivré de l'éternité.
    On devrait se réjouir l'apocalypse est le commencement de la vie.
    Mais... (sa fin aussi ?)
    Suis je tombé en amour avec la mort ou es ce mes yeux qui me brûlent ?
    La vérité comme un poison.
    J'ai l'impression d'être un enfant qui vient de terminer son puzzle et qui tend en riant des pièces plein les mains : Tenez jouer.

    Vous n'auriez pas idée de ce qu'on peut faire d'un puzzle à part le recommencer sans fin.

    - Tu me fais mal
    Moi je boude.
    Je veux rester dans mon coin.

    Elle tire sur mon bras plus fort :
    Viens :
    - Pourquoi ?
    Il n'y a rien.
    Même toi tu n'es pas réel.
    Laisse moi.

    -Allez viens, c'est dangereux. En plus t'es peut être blessé.

    -Je vais bien, laisse moi.

    -Je sais pas un kaléidoscope peut être ?
    De toute façon tu n'as plus toute la raison.
    Tu as du être blessé dans l'accident.

    Je crois que Nag est mort.

    Elle tire sur mon bras et je consens a me lever
    Elle me prends dans ses bras, j'ai le vertige.

    Je jette un coup d'œil
    Au foyer qui prend feu dans les coins de la caisse.

    -Dis Salvia ?
    -Oui ?
    -Tu crois que je suis mort ?

    C'est une illusion qui se dissipe, un mirage qui s'évanouie. Salvia disparaît, et me laisse seul avec mes questions à la con.

    J'imagine qu'il faudrait renouer le dialogue, mais les années ont passé et les trésors du fond de mes poches aujourd'hui je les ai déjà si souvent montrés. Le passé semble être fait pour être oublier.
    Je préfère avoir des poches trouées comme ça jamais je ne m'arrêterais de ramasser des trésors.
    Autrefois j'avais peur de perdre certains souvenirs.
    Aujourd'hui je suis comme un enfant qui a quitté son foyer et vu les jours défilés, alors je n'ai plus besoin de garder mes souvenirs. Quand le poète à trouvé la fleur belle et la laissée où elle avait poussé il avait trouvé cette vérité :
    Dans un monde à cette image, on rencontre des fleurs.
    Ma maison c'est l'univers.
    Comme un enfant qui a quitté son toit personnel pour celui du cosmos, la voûte céleste. Ainsi va la vie.

    Ainsi va ma vie.

    Renouer le dialogue.
    Quelle séquence ?
    Il n'y a plus de place dans l'infini. Alors, je ne parlerai plus avec toi ?
    -Si, je ne suis pas près de quitté le pays d'autrefois.
    -Et moi tu pense que je vais quitter cet enfer quand ?
    -Tu crois vraiment que c'est un enfer ?

    Ben depuis que j'ai donné mon cœur, quel sens à la vie, moi qui rêvait de trouver une femme qui m'aime.
    Plus le temps passe.
    Plus je me demande pourquoi ?
    Pourquoi ?
    Pourquoi je reste en vie. Je le sais bien, il sagit d'être ed end de l'incarner jusqu'au passage mais que faire jusqu'à là ?

    Ben je pourrais essayer de créer un autre possible.... L'edend.
    Ben je crois que c'est ça en essayant de profiter du temps entre l'issue, je créé l'issue.

    +++

    Mon âme accède à la terre.
    Une fois, deux fois comme une respiration saccadé, jusqu'au point de saturation,
    où elle quitte l'éther.

    Mon âme cherche quelques instants,
    Celui qui vient de la quitter,
    tandis que la perception de cette terre le transcende
    comme le jour de lumière à mes sens.

    Ed : Tu vois, je te l'avais dit que ça ne durerait pas.
    La dernière goutte est tombée et les flammes ont disparu.

    On s'est servis d'une branche en forme de «Y » pour faire sécher les feuilles sur la braise.

    Je les ai émiettées dans le creux de ma main.

    Salvia a roulé un grand cône et elle l'a allumé, en lui faisant décrire un cercle, au dessus du foyer.


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  • Commentaires

    1
    Kool E Test
    Samedi 15 Octobre 2005 à 12:09
    Es ce là  la clef de l'immortalitalité ?
    Sur ton blogg tu parles de ce possible équilibre au centre de la spiraletoile qui permet de quitter le temps. Es cela l'éternité ? Tu expliques concrêtement comment en jouir, mais à  quoi bon, se condamner à rester enfermé dans la boîte de Pandore alors que la vie nous attends au dehors ?
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